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L'influence de la Maison Carrée sur l'urbanisme

L’antique temple augustéen n’a pas toujours été entouré d’une vaste place, destinée à le mettre en valeur. Ce n’est que progressivement que le dégagement s’opère, avec la volonté de consacrer l’édifice comme un monument central dans le tissu urbain.

À l’origine, le temple romain est au cœur d’un forum clos. Il est entouré d’un portique rectangulaire, lui-même fermé par un haut mur. Le forum a beau être un espace public, il est tout de même réservé aux citoyens, c’est-à-dire à une frange restreinte de la population. Placé sur un podium, l’imposant temple ne livre aux regards des citoyens que son fronton. Ainsi, le temple romain est-il intégré à un ensemble cohérent mais fermé, protégé du regard, selon une logique hiérarchique propre à la société antique.

À l’époque médiévale, le centre-ville, le cœur de l’animation populaire, s’est déporté sur l’actuelle place aux Herbes, devant la cathédrale. La ville s’est réduite à l’Écusson entouré d’un rempart. Ce même rempart qui jouxte, à dix mètres à peine, l’ancien temple romain maintenant aménagé en hôtel particulier : il est divisé en étages, avec un escalier, une cour intérieure. Le parvis est entièrement recouvert, jusqu’au bas des colonnes. Le bâtiment fait corps avec le tissu urbain.

Au XVIIe siècle, le regard que Louis XIV porte sur les monuments de Nîmes acte la prise de conscience et la nécessité de les préserver. Le monarque commande à son architecte une restauration. Elle sera reprise en 1820 : on enlève tout ce qui a été ajouté, on rebouche les fenêtres, on dégage le péristyle, on creuse autour. C’est l’époque où les autorités appliquent le plan Raymond : le rempart est remplacé par un boulevard. La rue Auguste est percée, les alignements rectifiés sur le pourtour de la place jusqu’en 1880. La rue Général Perrier est également percée, dans le respect de l’axe rectiligne commencé devant la Maison Carrée.
On peut considérer, à partir de là, que la Maison Carrée est un point urbain déterminant autour duquel se réorganise la ville.

Rue Général Perrier

Rue Auguste

Au XXe siècle, ce dégagement est accentué par l’intervention de Sir Norman Foster, auquel la Ville commande le bâtiment de Carré d’Art. L’architecte réinterprète les formes du temple romain, en fait un cube en verre, transparent, comme pour élargir encore l’espace urbain, et refléter le monument. Il enterre 5 étages de Carré d’Art pour le placer au niveau de la Maison Carrée. Il lui crée un emmarchement, une colonnade en référence au monument antique, s’en démarque pour mieux le mettre en valeur. Dans le cadre des travaux du Trambus, le trait d’union entre ces deux monuments identitaires est encore renforcé par la création d’un parvis destiné à lier parfaitement les édifices.

Carré d’Art
face à la Maison carrée

Parvis de la Maison Carrée
face au Carré d’Art

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